Il est presque impossible d'établir une relation de cause à effet entre un facteur quelconque et le tabagisme chez les jeunes. En fait, les jeunes qui fument le font en raison de la rencontre de plusieurs facteurs prédisposants - certaines circonstances de leur vie font en sorte que certains jeunes sont plus susceptibles que d'autres de fumer - et d'influences qui les incitent à essayer de fumer. Particulièrement important est le fait que beaucoup de ces influences sont de nature sociale et que l'environnement social peut être modifié.
Les travaux réalisés dans le cadre de la SRDT ont confirmé l'association entre une constellation de facteurs prédisposants et le tabagisme chez les jeunes (C3, R6, S9). Pour la plupart, les facteurs prédisposants ne peuvent pas être facilement modifiés. Ils comprennent l'appartenance à un groupe culturel ou linguistique, le revenu et la structure de la famille et la réussite scolaire. La connaissance de ces facteurs a pour principal avantage d'aider à reconnaître les jeunes qui sont le plus susceptibles de fumer et ceux qui ont le plus grand besoin d'aide pour résister au tabagisme.
Bien que les facteurs prédisposants puissent aider à prédire quels jeunes sont le plus susceptibles de fumer, les influences, elles, procurent aux jeunes l'environnement immédiat qui leur permet de faire l'essai du tabac. Une influence de première importance pour les jeunes est le rôle de leurs amis. Les auteurs de plusieurs études réalisées dans le cadre de la SRDT ont cherché à savoir pourquoi les jeunes commençaient à fumer ou pourquoi, à leur avis, d'autres adolescents avaient commencé à fumer. Dans chaque cas, la réponse la plus fréquente était parce que leurs amis le faisaient (C3, R6, S9, Y3).
Le tabagisme chez les jeunes est influencé par la présence de fumeurs dans leur milieu. Les influences déterminantes sont, par ordre d'importance, les amis, les membres de la famille et d'autres adultes jouant le rôle de modèles tels que les professeurs (C3, R6, S9, Y3). En plus de voir fumer des personnes qu'ils connaissent, les enfants et les adolescents sont exposés à une variété d'annonces et d'images médiatiques (c.-à-d. magazines, télévision, films, Internet) qui montrent de nombreuses personnalités utilisant des produits du tabac. Ces images se combinent pour donner l'impression que fumer est véritablement la chose à faire et que, en dépit des campagnes d'éducation signalant les effets néfastes de cette pratique sur la santé, « tout le monde » continue à fumer. En fait, les jeunes ont tendance à surestimer la prévalence du tabagisme chez leurs pairs.
Dans l'Enquête sur l'usage du tabac chez les jeunes, on a demandé à des jeunes pourquoi ils croyaient que les jeunes commençaient à fumer. Les principaux motifs invoqués : avoir des amis qui fument et la curiosité ou simplement le goût d'essayer. Ces deux réponses sont intimement liées en ce sens que la curiosité et le goût d'essayer suivent de très près le fait d'avoir vu des amis le faire. Une troisième raison très souvent invoquée est que fumer est « cool » (Y3).

Passé la phase d'expérimentation, une fois que les jeunes deviennent des fumeurs réguliers, leurs raisons de fumer évoluent. Les jeunes invoquent quantité de raisons pour continuer à fumer, y compris la conviction de souffrir d'une dépendance, le désir d'échapper à l'ennui et la volonté de faire face au stress (C3, R6, S9, Y3). Une fois que fumer est perçu comme un comportement utile dans leur vie, il est plus probable qu'ils continuent à le faire. Les mesures de prévention qui devancent ces raisons de continuer à fumer au moment où sont abordées les raisons pour lesquelles on commence à fumer peuvent munir les jeunes des compétences dont ils auront besoin pour comprendre les pressions qui les amènent au tabagisme et pour y résister.
Les raisons invoquées par les jeunes pour commencer et continuer à fumer sont intimement liées à leur estime de soi. Bon nombre des interventions auprès des jeunes élaborées dans le cadre de la SRDT visaient, entre autres, à développer l'estime de soi ; c'est à cette fin qu'ont été mises sur pied une gamme d'activités telles que l'activité physique, le théâtre, l'éducation par les pairs et le développement des aptitudes à la communication et des aptitudes sociales (C5, E5, F1, H1, O1).
L' Enquête de 1994 sur le tabagisme chez les jeunes (Y3) est la plus importante source de données individuelles sur le tabagisme chez les jeunes au Canada, du fait de sa portée et de l'abondance des informations recueillies. L'enquête a colligé des données relatives à 23 800 jeunes du Canada, âgés de 10 à 19 ans, sur l'usage du tabac, de même que sur les attitudes, les croyances, les connaissances et les influences sociales qui y sont liées. Comme elle incluait les enfants de 10 à 11 ans, ses résultats sont particulièrement intéressants, comme ils le sont pour tout le groupe d'âge de 10 à 14 ans, pour chaque âge au sein de ce groupe, car c'est à ces âges que change l'attitude face au tabac et qu'apparaissent les comportements d'initiation au tabagisme. C'est en effet dans la pré-adolescence et au début de l'adolescence que l'on observe une baisse de la résistance à l'usage du tabac et le recrutement rapide de nouveaux fumeurs. Le Rapport technique donne les résultats complets de l'Enquête ; on peut toutefois se procurer une série de Feuillets de renseignements plus courts.
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