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Préoccupations liées à la santé

Le tabagisme chez les jeunes

Troisième leçon : Les jeunes qui fument veulent arrêter.

1. La plupart des jeunes fumeurs tentent de cesser de fumer moins de deux ans après leur première cigarette et la plupart des fumeurs font plusieurs tentatives.

Selon l'Enquête de 1994 sur l'usage du tabac chez les jeunes (Y3), un fort pourcentage de fumeurs âgés de 10 à 19 ans (81 %) ont déjà envisagé sérieusement d'arrêter; la plupart ont fait une tentative en ce sens. Parmi les fumeurs qui ont essayé d'arrêter, 19 % ont fait cinq tentatives ou plus. Dans les six mois précédant l'enquête, 40 % des fumeurs âgés de 10 à 19 ans avaient essayé au moins une fois d'arrêter de fumer.

2. Les jeunes fumeurs n'ont pas beaucoup de succès dans leurs tentatives d'abandon.

Seulement 2% des jeunes de 10 à 19 ans sont d'anciens fumeurs. Soixante-cinq pour cent des fumeurs qui ont essayé d'arrêter ont signalé que la période maximale pendant laquelle ils n'avaient pas fumé ne dépassait pas un mois. Ceux qui ne fument pas tous les jours disent généralement avoir réussi à s'abstenir de fumer pendant de plus longues périodes. Les fumeurs adolescents essaient assez souvent de cesser de fumer, mais ils n'ont que de brèves périodes de succès (Y3). Des recherches additionnelles sont nécessaires pour comprendre pourquoi ces tentatives sont infructueuses et ce qui peut être fait pour aider les jeunes qui veulent cesser de fumer.

3. Le moment propice pour promouvoir l'abandon du tabagisme peut être de courte durée.

Les fumeurs sont moins susceptibles de penser à cesser de fumer à mesure qu'ils vieillissent. L'Enquête de 1994 sur le tabagisme au Canada, menée auprès de personnes de 15 ans ou plus, permet de comparer les adolescents plus âgés et les jeunes adultes. Selon cette enquête, les adolescents âgés de 15 à 19 ans étaient plus disposés à arrêter que des fumeurs adultes, 55 % d'entre eux songeant ou se préparant à arrêter en tout temps. Ce pourcentage diminue à 45 % dans la tranche d'âge des 20 à 24 ans (S8). Selon l'Enquête de 1994 sur l'usage du tabac chez les jeunes, 83 % des fumeurs de 10 à 14 ans avaient déjà pensé à arrêter comparativement à 77 % des fumeurs de 15 à 19 ans (Y3).

Un jeune homme et deux femmes discutent à la fin d'un cours

L'Enquête de 1994 sur l'usage du tabac chez les jeunes a également révélé que plus le nombre de cigarettes fumées chaque jour augmente, moins les jeunes fumeurs sont susceptibles de tenter d'arrêter. De ceux qui fumaient cinq cigarettes ou moins par jour, 75 % indiquaient avoir récemment fait une tentative d'abandon du tabac, cette proportion diminuant à 40 % chez les jeunes qui fumaient de 16 à 20 cigarettes par jour. Ces observations laissent supposer que les tentatives pour cesser de fumer sont plus difficiles passé le stade de l'expérimentation (Y3). Enfin, l'enquête a également découvert qu'il y avait peu de différences entre les jeunes hommes et les jeunes femmes en ce qui concerne les tentatives d'abandon et d'autres aspects de l'abandon du tabagisme (Y3).

4. Les adolescents ont accès à un grand choix de moyens pour arrêter de fumer.

Dans le cadre de la SRDT, différentes mesures ont été prises pour augmenter l'accessibilité et le nombre des programmes antitabac. L'une de ces mesures était la promotion du programme Une vie 100 fumer, destiné aux adolescents et mis sur pied par Santé Canada et l'Association pulmonaire (Q1). Il s'agit d'une trousse personnelle d'aide à l'abandon du tabagisme destinée aux adolescents, qui comprend des renseignements concis sur les conséquences du tabagisme sur la santé et les relations sociales, des conseils sur la planification et la préparation de l'abandon du tabac et des moyens précis de faire face aux symptômes de sevrage et de cesser de fumer pour de bon. Au cours de la période d'application de la SRDT, la trousse a été annoncée sur les ondes de MuchMusic et de Musique Plus, et son efficacité a fait l'objet d'une évaluation. Ainsi, on a pu déterminer que les adolescents qui appelaient pour demander la trousse avaient entre 15 et 19 ans (moyenne de 16,6 ans). Quatre-vingtquatorze pour cent d'entre eux étaient encore au secondaire, et 21,5% ont indiqué qu'ils s'étaient abstenus de fumer pendant un période de trois mois sans interruption juste avant le suivi de 12 mois après le programme, un taux comparable aux meilleurs taux d'abandon obtenus dans les programmes destinés aux adultes (E4).

Un guide de l'animateur a été élaboré dans le cadre de la SRDT afin de permettre l'utilisation de la trousse Une vie 100 fumer par des groupes. Une comparaison de la version individuelle et du programme de groupe avec animateur arrive à la conclusion que Une vie 100 fumer donne de meilleurs résultats chez les adolescents qui fument depuis au moins 18 mois et qui sont sérieusement motivés à cesser de fumer au cours des six mois suivants (E3). Plusieurs projets communautaires ont également incorporé à leurs activités des programmes d'abandon du tabagisme à l'intention des adolescents. En Colombie- Britannique, la Société canadienne du cancer a mis sur pied le PITS, un nouveau programme de groupe d'entraide pour les adolescents qui veulent cesser de fumer. Ce programme met l'accent sur les pressions des pairs, l'estime de soi et la prise de décisions (P1). La stratégie de réduction du tabagisme de Campbell River a eu recours à cinq programmes existants d'abandon du tabagisme s'adressant aux adolescents, a encouragé les organismes communautaires à commanditer les programmes, a formé les animateurs à les utiliser et a fourni à la collectivité un éventail de programmes d'abandon du tabagisme afin que les adolescents aient accès à plusieurs choix dans ce domaine (C6).

5. Les programmes d'abandon du tabagisme destinés aux adolescents peuvent différer de ceux qui sont destinés aux adultes sous d'importants aspects.

Pour élaborer un nouveau programme d'abandon du tabac, on s'inspire généralement d'un programme existant. Par conséquent, les programmes qui s'adressent aux adolescents sont souvent élaborés à partir de programmes destinés aux adultes. Maintenant que nous commençons à mieux comprendre les problèmes entourant l'abandon du tabagisme chez les jeunes, il est clair que les concepts à la base des programmes pour adultes ne s'appliquent pas nécessairement aux programmes pour les adolescents. Les jeunes ne passent pas autant de temps que les adultes à se préparer à cesser de fumer (Y3) et ne sont pas nécessairement intéressés aux programmes qui consacrent beaucoup de temps à la préparation. Les programmes antitabac destinés aux jeunes doivent trouver un équilibre entre une préparation adéquate et une aide permettant aux jeunes d'atteindre rapidement leur objectif.

Des jeunes dans une ruelleLes jeunes pourraient avoir des besoins différents de ceux des adultes sur le plan du développement des aptitudes ou de l'information. Par exemple, les adolescents auront peut-être besoin d'apprendre à résister aux pressions de leurs pairs les poussant à continuer à fumer et de mieux comprendre les questions d'accoutumance et de dépendance que les adultes (G4).

De même, les méthodes de renoncement au tabac qui plaisent aux adultes peuvent avoir peu d'attrait pour les jeunes. Un programme de groupe s'adressant aux jeunes femmes (C5) a eu recours à la tenue d'un journal par les participantes, semblable au journal utilisé auprès de femmes adultes dans Catching our Breath Too (C7). Les jeunes femmes du groupe ont exprimé une préférence pour les échanges verbaux plutôt qu'écrits, et très peu d'entre elles ont utilisé la méthode du journal, ce qui laisse supposer que les moyens utilisés pour encourager la réflexion personnelle diffèrent chez les jeunes et les adultes.

6. Il faut mettre davantage l'accent sur l'abandon du tabac chez les adolescents.

Il y a encore des lacunes dans nos connaissances au sujet de l'abandon du tabagisme chez les jeunes et dans les programmes visant cet objectif. Nous en savons très peu sur le meilleur type de programme (p. ex. individuel ou de groupe), l'intervenant le plus efficace (p. ex. le fumeur lui-même, les professeurs, les professionnels de la santé ou d'autres jeunes) et le meilleur environnement (p. ex. l'école ou une clinique) pour l'abandon du tabagisme chez les jeunes (Y3).

Peu de programmes tiennent compte de l'aspect expérimental de l'essai initial du tabac et de la nécessité d'intervenir auprès des jeunes de 12, 13 et 14 ans qui ne sont pas des fumeurs réguliers. Il est possible d'intervenir à n'importe quel moment pendant la période de transition de l'expérimentation à l'utilisation régulière du tabac, afin que les adolescents aient un autre choix que de devenir des fumeurs à l'âge adulte. Il est plus facile pour un fumeur occasionnel ou léger d'arrêter avant de devenir un fumeur régulier ou un gros fumeur. Tout programme qui mène les adolescents à cesser de fumer, même temporairement, est important parce que ce type de comportement pendant l'adolescence diminue le risque de tabagisme à l'âge adulte (G4).

Certains adolescents à haut risque ont besoin de programmes taillés sur mesure. Une étude de la SRDT sur le tabac et les adolescentes à risque (jeunes femmes de 14 à 19 ans n'ayant pas terminé leurs études secondaires et n'habitant plus chez leurs parents ou avec des membres de leur famille) a mis en lumière une fréquence plus élevée de tabagisme dans certains sousgroupes d'adolescentes, y compris celles qui ont quitté l'école et qui n'ont plus de soutien de leur famille et celles qui vivent dans la rue (c.-à-d. dans des centres d'hébergement ou des refuges pour les jeunes) (R4). Un projet de la SRDT visait à amener les adolescentes enceintes et les jeunes mères célibataires à cesser de fumer (K2), mais il reste que le manque général de programmes d'abandon du tabac destinés à cette clientèle constitue une importante lacune dans la programmation.

7. Les programmes de renoncement au tabac destinés aux jeunes doivent être adaptés à leur culture.

Étant donné les différences entre les différents groupes culturels et linguistiques sur le plan de l'usage du tabac, il est impératif que les programmes destinés aux jeunes reconnaissent le rôle joué par l'environnement culturel. Ainsi, les programmes qui s'adressent aux jeunes Autochtones doivent tenir compte des usages spirituels et rituels du tabac, du fort taux de tabagisme dans les communautés autochtones, du faible prix du tabac dans les réserves et de la préférence pour l'intervention de la famille et de la collectivité dans les programmes. Dans certaines collectivités, les jeunes filles autochtones sont beaucoup plus intéressées aux programmes de groupe que les autres adolescentes et ne montreraient pas autant d'intérêt pour les approches individuelles (R6).

Des outils d'abandon du tabagisme destinés aux jeunes et adaptés à leur culture ont été conçus dans le cadre de la SRDT. Ainsi, le Nechi Institute a élaboré une ressource de désaccoutumance à la nicotine (T9) à l'intention des adolescents et des adultes autochtones et a appuyé le programme Une Vie 100 Fumer pour les jeunes francophones (Q1).

Affrontez la réalité!

Le programme Pack In Those Smokes (PITS), est un programme de renoncement au tabac destiné aux adolescents et mis au point par la division de la Société canadienne du cancer de la Colombie-Britannique et du Yukon (P1). Le programme comprend une trousse de l'animateur et un journal/guide du participant, et se donne en huit séances. Il met l'accent sur la pression des pairs, l'estime de soi et la prise de décision. Tout au long du programme, on incite les participants à réfléchir sur un certain nombre d'aspects de l'usage du tabac (les faits, la toxicité, la pression, le choix et la mode).

Société canadienne du cancer Division de la Colombie-Britannique et du Yukon
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