Rapport sur les résultats de la consultation
Septembre 2010
En mars 2009, la Direction de la sécurité des produits de consommation (DSPC) de Santé Canada a consulté les Canadiens au sujet de nouvelles dispositions en matière de sécurité qui seraient prises en vertu de la Loi sur les produits dangereux (LPD) et viseraient la publicité, la vente et l'importation des casques de ski et de planche à neige au Canada.
Voici les options à l'égard des casques de ski et de planche à neige présentées dans la consultation :
Du 24 mars 2009 au 1er juin 2009, la DSPC a tenu une consultation publique avec les intervenants clés ainsi que le grand publique. Près de 2 000 entités ont été directement avisées de la consultation, celles-ci incluant fabricants, importateurs, municipalités, sièges sociaux de certaines chaînes de détaillants, associations de fabricants, groupes et associations de protection des consommateurs, centres de ski, professionnels de la santé et associations communautaires pertinentes. Cette consultation s'est faite par le biais d'un envoi postal de masse ciblé, ainsi que par affichage de la consultation sur le site Web de Santé Canada et d'un envoi à tous les abonnés du Bulletin de la Sécurité des produits de consommation de Santé Canada. Au moment de la consultation, près de 7 000 particuliers ou groupes étaient abonnés à ce bulletin. Ils ont reçu un avis concernant l'affichage de la consultation les invitant à fournir leurs commentaires.
Pendant la période de consultation, 72 réponses distinctes ont été reçues parmi tous ceux qui ont reçu une communication directement du DSPC ou qui ont pris connaissance de la consultation par d'autres moyens.
La majorité des commentaires écrits provenaient de consommateurs et d'associations de consommateurs. Le deuxième groupe de commentaires provenait de fabricants, suivi de professionnels de la santé, puis d'administrations municipales. Les autres commentaires provenaient de skieurs - professionnels et amateurs, de centres de ski, d'associations sportives, de chercheurs et de compagnies d'assurance.
Des 72 commentaires distincts reçus, il y a eu:
Santé Canada veille à la protection des Canadiens en effectuant des recherches et des évaluations, et en collaborant à la gestion des risques pour la santé et la sécurité associés aux nombreux produits de consommation que les Canadiens utilisent régulièrement.
Santé Canada accorde une attention spéciale à la santé et à la sécurité des enfants, segment particulièrement vulnérable de la population canadienne. La Direction de la sécurité des produits de consommation de Santé Canada collabore avec l'industrie et les citoyens pour prévenir les blessures associées aux produits de consommation et promouvoir la sûreté et l'utilisation sécuritaire de ces produits.
Les casques de ski et de planche à neige font partie des produits auxquels s'intéresse le Ministère; la sureté de ces casques n'est pas réglementée par le gouvernement fédéral. Ils sont portés tant par les enfants que par les adultes, et les sports auxquels ils sont associés comportent des dangers inhérents qui peuvent causer de graves traumatismes crâniens. Ces blessures peuvent être légères ou temporaires, mais être aussi de sévères traumatismes crâniens, et, dans les cas extrêmes, peuvent causer la mort.
Le document de consultation présentait des statistiques sur les blessures subies en ski et en planche à neige. Le Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT) de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dispose d'un ensemble de données pour la période du 1er septembre 1990 au 31 août 2007. Celui-ci contient 14 224 dossiers d'accidents de ski alpin et 15 390 dossiers d'accidents de planche à neige, mais exclut les blessures associées au ski de fond, aux incidents de remonte-pente ou aux collisions entre personnes en traîneau ou planchistes et skieurs, ou entre skieurs ou personnes en traîneau et planchistes. Pendant cette période, les traumatismes crâniens ont représenté 6,8 % de toutes les blessures en ski alpin et 8,3 % de toutes les blessures en planche à neige.
Dans le document de consultation, le Ministère a fait appel au publique pour des commentaires sur la question de réglementer ces casques afin qu'ils soient conformes à une norme s'appliquant spécifiquement aux casques de ski et de planche à neige, en particulier la nouvelle norme CSA Z263.1 qui semblait meilleure que d'autres normes sur les casques pour ces sports. Un des critères de sécurité de cette norme qui la distingue des autres, est celui qui exige que les casques doivent résister à des impacts multiples pendant les essais (voir le document de consultation pour plus de détails). De plus, si un fabricant désire qu'un casque soit conforme à la norme CSA Z263.1 et porte l'autocollant de certification CSA, il devra le faire homologuer par la CSA. Dans une large mesure, cela aidera à améliorer la fiabilité des allégations de conformité à la norme, car le casque aura été testé par un laboratoire non lié au fabricant.
Étant donné qu'il n'existe actuellement aucune exigence fédérale de sécurité sur les casques de ski et de planche à neige au Canada, il est possible que certains casques sur le marché ne soient conformes à aucune norme reconnue pour ces articles (CSA, ASTM, EN ou autre).
Il est aussi possible qu'un casque dispose d'une étiquette indiquant sa conformité à une de ces normes alors qu'il n'y est pas conforme.
Dans leurs commentaires à Santé Canada, un certain nombre d'intervenants ont fourni des données sur les blessures liées au ski et à la planche à neige. Il faut souligner que Santé Canada n'a pas vérifié l'authenticité de ces données. Il les inclut à titre d'information. De plus, toujours dans un souci de concision, certains des commentaires ci-dessous sont tirés directement des présentations reçues, alors que d'autres sont paraphrasés.
Lorsqu'il élabore un règlement, Santé Canada est tenu de respecter le processus de réglementation du gouvernement fédéral, qui impose la consultation de toutes les parties concernées.
Dans le cas des casques de ski et de planche à neige, la consultation s'est déroulée du 24 mars au 1er juin 2009 auprès de divers intervenants par le biais d'un envoi postal de masse ciblé, du site de consultation en ligne de Santé Canada et d'un envoi à tous les abonnés du Bulletin de la sécurité des produits de consommation de Santé Canada.
Le document de consultation intitulé Projet de mesure législative concernant les casques de ski et de planche à neige a été publié dans les deux langues officielles.
Le document de consultation invitait les intervenants à commenter le projet de Santé Canada d'assujettir à des dispositions législatives contraignantes la publicité, la vente et l'importation de casques de ski et de planche à neige.
Dans ce document, Santé Canada comparait plusieurs normes pour ces casques et expliquait pourquoi il soutient qu'un casque qui respecte les exigences de la nouvelle norme de la CSA offrirait une meilleure protection à son utilisateur qu'un casque conforme aux autres normes. Le document fournissait aussi des données détaillées sur les blessures, tant au Canada qu'aux États-Unis.
Durant la période de consultation, 74 présentations écrites ont été reçues, dont deux étaient des duplicatas. Cela signifie que 72 réponses distinctes ont été reçues. Le figure 1 ci-dessous présente le profil des répondants :
Comme le montre la figure 1, la majorité des commentaires écrits provenaient de consommateurs et d'associations de consommateurs. Le deuxième groupe de commentaires provenait de fabricants, suivi de professionnels de la santé, puis d'administrations municipales. Les autres commentaires provenaient d'entre autres des skieurs professionnels et amateurs, de centres de ski, d'associations sportives, de chercheurs et de compagnies d'assurance. Il est important de noter que la présentation reçue de l'Association nationale des industries de la neige (ANIN) comprenait des commentaires de différents fabricants. Dans le présent rapport, la réponse de l'ANIN et celles de chaque fabricant sont comptées comme des réponses distinctes.
Une lettre de réponse type a été envoyée à tous les répondants.
Des 72 commentaires reçus, il y a eu :
Ces résultats sont illustrés sous forme de graphique dans la figure 2 ci-dessous.
Voici un résumé des commentaires pour chacune des options. Certains ont été combinés pour éviter les répétitions, de sorte qu'un énoncé ne correspond pas nécessairement à un seul commentaire ou à un seul répondant. Notons aussi que plusieurs commentaires se fondaient sur des convictions personnelles, sans donnée à l'appui. Pour les commentaires renfermant des chiffres et des statistiques de sources citées, nous avons omis ces dernières dans le présent document, par souci de clarté et de concision. De plus, toujours dans un souci de concision, certains des commentaires ci-dessous sont tirés directement de présentations, alors que d'autres sont paraphrasés.
Certains commentaires se répètent, car ils s'appliquent à plus d'une des trois options présentées dans le document de consultation publique.
« Un processus de certification de ces casques est nécessaire afin d'éviter que les allégations quant à la conformité à une norme ne soient pas non fondées et qu'elles puissent être vérifiées. »
« Il n'y a actuellement aucune norme minimale garantissant que les casques utilisés par les Canadiens sont sûrs et efficaces. »
« La réglementation devrait aussi s'appliquer aux casques portés pour la pratique d'autres sports de neige non motorisés, comme la traîne sauvage. »
« Le port du casque est actuellement en hausse, et exiger que les casques soient conformes uniquement à la norme de la CSA pourrait freiner cette tendance. La grande majorité des casques sur le marché actuellement respectent les normes ASTM F2040 ou EN1077. »
« Les skieurs étrangers pourraient ne pas être en mesure de porter leur propre casque si ce dernier n'est pas conforme à la norme de la CSA. Les exploitants de centres de ski obligeraient les skieurs à non seulement porter un casque, mais à porter seulement un casque homologué par la CSA. »
« Aucun casque de sports de neige n'est conforme à cette nouvelle norme de la CSA. »
« Le coût d'un casque conforme à la norme de la CSA sera très élevé, car le Canada représente un petit marché. Toute augmentation du coût d'achat ou de location entraînera une baisse du port du casque. »
« Aucune donnée n'indique que les casques conformes à d'autres normes ne protègent pas suffisamment le skieur, et aucune donnée n'indique qu'un casque conforme à la norme de la CSA offrira une meilleure protection contre les traumatismes crâniens. »
« Un casque conçu pour encaisser un seul choc est meilleur, car son utilisateur sait qu'il doit le remplacer après un choc important. »
« Un casque conforme à la norme de la CSA ne serait pas vraiment conçu pour encaisser plusieurs chocs. Un casque conforme à cette norme serait conçu pour offrir une marge de sécurité afin d'être conforme à l'accélération de pointe après trois chocs exigée, mais on ignore comment le casque réagirait lors de chocs successifs. »
« Avant l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi exigeant que tous les casques de ski et de planche à neige soient conformes uniquement à la norme de la CSA, il faut laisser aux détaillants le temps de vendre un inventaire d'une grande valeur de casques non conformes à la norme de la CSA. »
« Les skieurs devraient avoir le droit et la possibilité de choisir ce qu'ils veulent porter, le cas échéant. À moins que le skieur participe à une compétition, le port du casque devrait être facultatif. Les casques de qualité se vendront mieux que ceux de mauvaise qualité, ce qui fera en sorte que les casques sur le marché protègent adéquatement les skieurs. »
« Un processus d'homologation de ces casques, comme celui de la CSA, est nécessaire afin d'éviter que les allégations quant à la conformité à une norme ne soient pas non fondées et qu'elles puissent être vérifiées. »
« Il n'y a actuellement aucune norme minimale garantissant que les casques utilisés par les Canadiens sont sûrs et efficaces. »
« La réglementation devrait aussi s'appliquer aux casques portés pour la pratique d'autres sports de neige non motorisés, comme la traîne sauvage. »
« Les casques sur le marché canadien devraient être conformes à une norme reconnue (mais pas nécessairement seulement à une norme CSA). »
« Le port du casque est actuellement en hausse, et exiger que les casques soient conformes uniquement à la norme de la CSA pourrait freiner cette tendance. La grande majorité des casques sur le marché actuellement respectent les normes ASTM F2040 ou EN1077. »
« Un processus de certification de ces casques est nécessaire afin d'éviter que les allégations quant à la conformité à une norme ne soient pas non fondées et qu'elles puissent être vérifiées. »
« Les skieurs devraient avoir le droit et la possibilité de choisir ce qu'ils veulent porter, le cas échéant. À moins que le skieur participe à une compétition, le port du casque devrait être facultatif. Les casques de qualité se vendront mieux que ceux de mauvaise qualité, ce qui fera en sorte que les casques sur le marché protègent adéquatement les skieurs. »
« Aucun casque ne peut protéger contre un impact catastrophique. »
Aucun intervenant n'a fait de commentaire précis concernant pourquoi le statu quo ne devrait pas être maintenu, plutôt ils ont tous appuyé l'option 1 ou l'option 2, ce qui par défaut indique qu'ils ne désirent pas maintenir le statu quo.
Un grand nombre de répondants appuient une réglementation ou d'autres exigences qui feraient en sorte d'augmenter le port du casque. Comme il a été mentionné auparavant, Santé Canada n'est pas habilité à imposer le port du casque. Toutefois, les provinces, les municipalités et les exploitants de centres de ski ont cette autorité.
On pense aussi qu'il faudrait sensibiliser les consommateurs à la nécessité de porter un casque et aux avantages des casques pouvant résister à des impacts multiples par rapport aux casques actuels, conçus pour encaisser un seul choc.
Les commentaires reçus lors de la consultation aideront Santé Canada à déterminer les meilleurs moyens de garantir que les casques de ski et de planche à neige offrent un niveau de protection suffisant aux Canadiens.
Options à l'étude :
Mentionnons toutefois qu'au début de l'été 2010, la CSA a entrepris un processus au terme duquel la norme Z263.1 pourrait être modifiée, ce qui risque d'influer sur le résultat du projet de Santé Canada en matière de réglementation des casques de ski et de planche à neige. Le Ministère suivra de près cette dernière initiative de la CAS pour déterminer le plus rapidement possible si elle aura une incidence sur le choix que fera le gouvernement parmi les options susmentionnées.
Santé Canada doit suivre les étapes du processus de réglementation avant de mettre en oeuvre de nouvelles dispositions contraignantes. Si l'option 1 ou l'option 2 est choisie, une proposition réglementaire tenant compte des commentaires formulés durant le processus de consultation sera publiée dans la partie I de la
Gazette du Canada. Les intervenants auront alors à nouveau l'occasion de formuler des commentaires sur la proposition. Consulter http://www.gazette.gc.ca/ pour de plus amples renseignements.
Santé Canada continuera de renseigner et de sensibiliser la population au sujet du port de casques de ski et de planche à neige et la tiendra à jour de l'évolution du projet sur son site Web.
i) Ackery, A., Hagel, B.E., Provvidenza, C. & Tator, C.H. (2007). « An international review of head and spinal cord injuries in alpine skiing and snowboarding », Injury Prevention. 13, pp.368-375.
ii) Xiang, H., Stallones, L. & Smith, G.A. (2004). « Downhill skiing injury fatalities among children », Injury Prevention. 10, pp. 99-102.
iii) Hagel, B. E., Pless I. B, Goulet C, Platt W, Robitalle Y, « Effectiveness of helmets in skiers and snowboarders: case control and case crossover study », British Medical Journal (2005).